Chroniques de San Francisco, d’Armistead Maupin

 

Titre original : « Tales of the City »

Date : 1978

Edition : 10/18

Nombres de pages : 382 p

Chroniques de San Francisco, d'Armistead Maupin dans Litterature americaine 51H85QPCD5L._SS500_Quatrième de couverture

« Les seventies sont sur le déclin, mais San Francisco, la fureur au coeurs et au corps, vibre encore d’une énergie contestataire. La libération sexuelle est consommée et s’affiche dans les rues aux couleurs d’enseignes et de néons tapageurs. Tout droit venie de Cleveland, Mary Ann Singleton, vingt cinq ans, emprunte pour la première fois les pentes du « beau volcan ». Elle plante son camp au 28 Barbary Lane, un refuge pour « chats errants ». Logeuse compréhensive et libérale, Mme Madrigalrègne en matriarche sur le vieux bâtiment qui abrite une poignée de célibataire : Mona, rédactrice publicitaire, son colocataire, Mickael, chômeur et disciple de l’« amour interdit » et le beau Brian Hawkins, coureur de jupons insatiable. »

Mon avis

Ecrit sous forme de courts chapitres, Chroniques de San Francisco nous raconte les aventures de Mary Ann Singleton, fraîchement débarquée de Cleveland et des autres locataires du 28 Barbary Lane où ils s’installent dans les années 70.

Mon avis est assez confus. En effet, j’aurai aimé m’attacher aux personnages, me plonger sans attendre dans le deuxième tome mais, malheureusement, la magie n’a pas opéré. L’omniprésence des dialogues, et de ce fait, la maigre proportion de descriptions ne m’a pas permis de m’imaginer les personnages et de m’imprégner pleinement de l’atmosphère de ce roman. Aussi, j’ai lu ce roman comme si je regardais une bonne série américaine : les situations sont souvent comiques, un brin désespérées et en cela, ce roman est plaisant à lire. L’histoire du personnage de Vincent, protagoniste pourtant secondaire, m’a beaucoup fait rire : bénévole dans une association qui aide les personnes suicidaires, il est lui-même paradoxalement complètement dépressif (lorsque Mary Ann le rencontre, il s’est déjà coupé une oreille et un bout de doigt !). (Je vous l’accorde, j’ai peut-être un sens de l’humour un peu cynique !)

Outre des séquences assez drôles, j’ai apprécié de (re)découvrir les moeurs des années 70 où liberté et excès étaient les maîtres-mots de tous ce petit monde. Liberté sexuelle assumée, consommation de psychotropes à outrance, culte de la nature (nourriture bio, harmonie du corps et de l’esprit), tout cela transparaît dans ce roman et finalement, on cerne mieux certains aspects de cette époque. Pour vous donner un exemple d’une situation qui reflète l’esprit des années 70 : les supermarchés sont des haut-lieux de la drague où chacun essaie de trouver l’âme-soeur parmi les fruits et légumes. Assez hilarant !

En somme, ce n’est pas un réel coup de coeur mais si vous souhaitez passer un moment sans vous prendre la tête, je vous le conseille!

Celles et ceux qui ont aimé : Clochette, Kassineo



Geisha, de Arthur Golden

 Date : 2006

Edition : Livre de Poche

Nombres de pages : 604 p

 

Geisha, de Arthur Golden  dans Litterature americaine 9782709628204 Quatrième de couverture

« A neuf ans, dans le Japon d’avant la Seconde Guerre mondiale, Sayurie est vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d’extraordinaire yeux bleus, la petite fille comprend vite qu’il faut mettre à profit la chance qui est la sienne. Elle se plie avec docilité à l’initiation difficile qui fera d’elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure rituel du thé, science du chant, de la danse et de l’amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville. Les riches, les puissants se disputeront ses faveurs.»


Commentaire

Ce roman, écrit à la première personne, m’a fait vite oublier que j’avais affaire à un récit crée de toute pièce par Arthur Golden, que Sayuri, l’héroïne de l’histoire, n’était donc que pure invention. Je me suis laissée transporter par le foisonnement de détails concernant tous les pans de la vie des geishas, ces véritables artistes qui doivent maîtriser le chant, la danse, la musique pour pouvoir tenir compagnie à des hommes, souvent riches et influents.

Le parcours de Sayuri m’est apparu comme un parcours initiatique assez classique: de la petite fille vendue par son père, elle devient l’une des plus grandes geishas après avoir évincé Hatsumomo (une geisha sublime qui voit d’un mauvais oeil, l’arrivée de Sayuri) et s’être fait remarqué par des personnes influentes.

J’ai également apprécié les nombreuses comparaisons et métaphores insérées par l’auteur, qui donnent à voir la sensibilité et la connivence que les Japonais ont avec la nature. Elles permettent de percevoir la réalité autrement, ce qui m’a fait penser aux haïkus, poèmes japonais qui évoquent la nature. Voici un haïku d’une des figures majeures de la poésie classique japonaise, Basho.

Réveille-toi, réveille-toi

Et deviens mon compagnon

Papillon qui dort

Un extrait

« Depuis que j’avais quitté Yoroido, je n’avais cessé de m’inquiéter de l’avenir, comme si chaque tour de roue du destin allait mettre un nouvel obstacle devant moi. Cependant, c’était ce combat quotidien, ces soucis, qui avait donné une telle consistance à ma vie. Lorsque nous remontons la rivière à contre-courant, chaque pas prend une intensité particulière. »

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